Capture d’écran 2019-04-26 à 08.32.03Emmanuel Macron n’a pas changé. Jupitérien il était, jupitérien il reste. Mais avec un bouclier à Matignon… 

Pour l’effet “wouaou”, il faudra repasser… La conférence de presse du président de la République n’était pas vraiment révolutionnaire. Le discours introductif s’est révélé  beaucoup trop long, le propos beaucoup trop délayé pour créer un choc. Les questions des journalistes trop conceptuelles – à quelques exceptions près – pour enrayer le tempo présidentiel.

Grâce à cela, ou à cause de cela, Emmanuel Macron s’en est plutôt bien sorti. Il a pu faire amende honorable, concéder qu’il aurait pu mieux faire, avouer qu’il a changé, qu’il a appris, sans pour autant renier ses convictions et le projet qu’il entend mettre en oeuvre depuis son élection. L’essentiel réside dans un changement de méthode revendiqué par le chef de l’État.  Pour le fond, Jupiter il était, Jupiter il reste, multipliant les “je veux” aussi affirmés que sa certitude d’avoir établi le bon diagnostic. Sa seule concession est, semble-t-il, d’être désormais décidé à déléguer un peu de la mise en oeuvre de ce projet. Le premier ministre prend du galon. De simple collaborateur récemment envoyé rendre compte devant la presse du conseil des ministres spécial Notre-Dame, ou réduit à exposer à l’Assemblée puis au Sénat les grandes orientations d’un plan de sortie de crise qu’il ne maîtrisait pas, le Premier ministre, à défaut d’être le chef de la majorité, devient l’exécutant en chef des décisions présidentielles.  Édouard Philippe est ainsi conforté à Matignon. Pour un temps. Car il sera désormais le mieux placé pour payer le prix de l’échec.

Il n’y a pas eu d’effet “wouaou” pour l’opinion lors de la conférence de presse présidentielle, mais un petit effet “ouf” pour un président reprenant son souffle. Emmanuel Macron a ouvert une deuxième phase dans son quinquennat bloqué par la crise des gilets jaunes. Les mesures annoncées, parce qu’elles demeurent imprécises, seront complétées, commentées, contestées certes, mais elles seront au coeur du débat. Avec un  premier ministre tout désigné pour essuyer les critiques, et un président prêt à assumer le succès de l’opération. Privilège de Jupiter.

3 commentaires sur « le second souffle de Jupiter »

  1. Le mouvement des « gilets jaunes » aura quand même eu du bon : il aura permis à Emmanuel Macron de découvrir le pays qu’il préside depuis deux ans.

    Il s’est aperçu grâce à cela que la plupart des retraités ne roulent pas sur l’or contrairement à ce qu’il croyait, qu’il existe des familles monoparentales et que leur situation est difficile, que certains territoires se sentent abandonnés parce que tous les services publics y ferment…

    Il faut le comprendre le pauvre, ce n’est vraiment pas de sa faute : ce n’est pas chez les jésuites, à Henri IV, à l’ENA, dans la banque d’affaire, à Bercy ou à l’Elysée qu’il a pu côtoyer beaucoup de ces gens là…

    Après d’ici à faire quelque chose de ce qu’il vient de découvrir c’est encore une autre affaire : il faut qu’il réfléchisse à tout ça et en attendant on continue comme avant… 🙂
    Je reprends, ici, le commentaire de votre confrère Guillaume Duval d’Alternatives Economiques, que je partage.

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  2. Bonjour madame Malouines,
    Sur les commentaires accompagnant la manifestation à Montpellier, et de débat aux micros sur la notion de « répression policière », alors oui, soyons précis.
    Sur la Liberté d’expression et de manifester, connaissez-vous la notion juridique du  » délit d’entrave » ?
    La décision du Conseil d’Etat ne fait que confirmer l’article 431-1 de l’actuel Code Pénal français qui réprime depuis le 1er janvier 2002:
    « Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.
    Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l’exercice d’une des libertés visées à l’alinéa précédent est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende. »
    Alors ?Quid de l’Etat de Droit ? des libertés fondamentales et constitutionnelles du citoyen ? de notre démocratie? De l’indépendance des pouvoirs : exécutif, législatif, et Justice? ainsi que de l’indépendance des journalistes ?
    Merci. Bien à vous.
    Catherine Grenier

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