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C’est vrai, dimanche soir au 20 heures de France 2, Édouard Philippe n’a rien dit de nouveau. Il n’avait pas de mesure spectaculaire à offrir aux gilets jaunes.

Aurait-il dû s’abstenir d’aller à la télévision sous prétexte qu’il n’avait pas d’annonce à faire ? Pas le moindre million à distribuer ? Pas la moindre mesure fiscale à annoncer ?

Non, évidemment. S’il était resté silencieux, l’exécutif aurait été enseveli sous un tombereau de critiques accusant son indifférence. Le chef du gouvernement a donc bien fait de parler.

Édouard Philippe est venu dire qu’il avait entendu. En précisant qu’il avait entendu « la colère, la souffrance et le sentiment d’abandon ». Cela aurait pu constituer un bon début. Sauf qu’il en est resté là. Car après avoir fait part de cette écoute attentive, le Premier ministre n’a rien dit de différent de ce qu’il aurait pu dire avant le 17 novembre, maintenant que « le cap est le bon ». Il n’a pas poussé plus loin l’analyse de ce mouvement. Il n’a pas pris d’initiative laissant entendre qu’il en avait mesuré l’ampleur inédite sur la forme et le fond.

Il aurait pu saisir la porte de sortie offerte par Laurent Berger pour la CFDT sur l’organisation d’une grande conférence sur un pacte social de la conversion écologique. Édouard Philippe a estimé qu’une « rencontre avec des responsables syndicaux et politiques » n’était pas ce que demandaient les gilets jaunes. C’est vrai. « Ce que veulent les Français, ce sont des résultats », précise le Premier ministre. C’est vrai également. Mais, si l’on se place du point de vue du Premier ministre, il ne peut se borner à serrer les dents en attendant que ces résultats arrivent.  

Car les forces qui aliment l’amertume des gilets jaunes se nourrissent précisément de ce temps long.

5 commentaires sur « Édouard Philippe entend les gilets jaunes, mais il en reste là »

  1. 14 novembre 2018
    LA TRANSITION ECOLOGIQUE ET CLIMATIQUE PASSE OBLIGATOIREMENT PAR LA REDUCTION DES INEGALITES SOCIALES ET TERRITORIALES

    planète bleue

    Il ne faut pas être grand clerc pour constater que notre beau pays est dans une crise morale, politique, sociale, économique et écologique grave. Les décisions prises d’augmenter les taxes sur les carburants sont une anarque écologique, une injustice sociale, une injustice fiscale.

    Cette situation est le résultat des politiques néo libérales qui depuis 30 ans vont toutes dans le même sens réduire la part des salaries, pour accroître la part des profits. Aujourd’hui, la très, très grande majorité de la population constate amèrement une baisse de son pouvoir d’achat.

    Aujourd’hui, les néo-libéraux s’inquiètent des mouvements de colère qui se développent. Ils sont le résultat de leurs politiques de casse de tous les espaces de négociations collectives, en ayant mis en coupe régler le code du travail et de la remise en cause de la décentralisation. Lorsque pour tout permettre au CAC 40, toutes les instances de régulation sociale et politique sont détruites, il ne reste plus que la rue.

    L’équipe gouvernementale, peut s’agiter et rechercher la mise en œuvre d’usines à gaz, pour temporiser, voire manipuler l’opinion publique, il n’y a pas de solution pérenne sur la question du pouvoir d’achat, sans une réelle augmentation du salaire brut, des retraites.

    A aucun moment, ce gouvernement néo libéral envisage une proposition qui favoriserai l’augmentation du SMIC, des salaires bruts conventionnelles et des pensions des retraités.Cela ne doit rien hasard, ce gouvernement est là uniquement pour préserver les profits de la finance et pour lui garantir une hausse de son pouvoir d’achat, il lui réduit massivement ses impôts.

    LA QUESTION CLIMATIQUE NE PEUT PAS SE RÉSOUDRE EN DEHORS DE LA QUESTION SOCIALE .

    La hausse des carburants, n’a pas les mêmes conséquences pour tous. En pourcentage du revenu des ménages après impôt, le poids des dépenses énergétiques est de 15% en moyenne pour les 20% les plus pauvres et 6% pour les 20% les plus riches. Pour les carburants, ces chiffres sont respectivement de 4,8% et 2,4%. pour l’électricité 5,9% et 2,2%.

    Comment croire, un seul instant, le discours gouvernemental, sur sa volonté de réduire l’utilisation de la voiture, alors que dans les régions, il organise la désertification en supprimant, les écoles, les bureaux de poste, les maternités et tout les réseaux des services publics qui s’accompagne des fermetures des lignes et des gares SNCF.

    Comment croire, un seul instant, le discours gouvernemental sur la transition écologique et climatique, alors que les industries pétrolières, de l’automobile, des transports, des travaux publics, la grande distribution, la finance continuent d’investir dans des grands projets climatiscides.Il est particulièrement scandaleux que 106 milliards d’euros des livrets d’épargne et développement solidaire servent à financer 200 entreprises « fossiles » ayant le plus de responsabilités dans le dérèglement climatique .

    Avec de telles inégalités, presque toutes les politiques actuelles de l’environnement sont anti-sociales.

    Le mécontentenment ne pourra que s’amplifier si les inégalités ne sont pas radicalement réduites. Le combat pour préserver la planète bleue pourrait se trouver en position d’accusé, car il ne manquera pas de pseudo défenseurs des classes populaires à droite et à l’extrême droite pour trouver des boucs émissaires. Voilà, pourquoi il faut anticiper, il faut mettre ou remettre l’égalité au cœur des projets de développement durable.

    En un mot, la lutte contre les inégalités est le bon moyen pour mettre en œuvre une politique climatique qui pourra permettre la préservation de la planète bleue.

    Au Blanc-Mesnil, nous savons d’expérience que les mobilisations citoyennes sont des outils incontournables pour construire du bien vivre ensemble. Elles ont fait la preuve de leur utilité et de leur efficacité, sur le dossier de la gare de triage, sur la question du parking du RERb, sur la mobilisation face à Béton Mesnil.il y a fort à parier que tous ceux qui agiront le 17 novembre ne sont pas tous indifférents aux risques du climat.

    Refuser les divisions, construire un projet commun.

    Le mécontentement est puissant, mais sa nature ne permet pas encore de produire la construction d’une alternative de transformation sociale et écologique. Certes, le pouvoir béo-libéral est en difficulté, ses propositions et tentatives pour atténuer la situation ne sont pour l’instant que des usines à gaz où l’on propose des primes afin que nous puissions payer les taxes, bref, des solutions dont nous sommes tout le temps les contributeurs.

    Les médias qui sont dominés par les financiers de CAC 40, distillent leur venin, pour faire de ce mouvement un outil aux services de leurs objectifs, réduire les services publics, alimenter la rente et surtout éviter que le débat sur la nécessité d’augmenter le pouvoir d’achat fasse irruption dans les entreprises.

    Nous voyons bien, aussi, surgir des ferments de division en tentant d’instrumentaliser le débat sur la question climatique et pour cela ils font tout pour occulter la question des inégalités sociales et essaie de fomenter un affrontement entre les salariés des villes et les salariés des campagnes.

    La responsabilité de la gauche est très importante, elle doit unir et tout mettre entre en œuvre pour que le mécontentement en cours devienne producteur d’une alternative de transformation sociale et écologique.

    Voilà, pourquoi nous devons mettre en œuvre toute notre énergie militante, pour affirmer que l’on ne réussira pas la transition transition écologique et climatique sur le dos des plus pauvres et des moins bien lotis. La transition écologique et climatique exige :

    -une réduction des inégalités sociales et territoriales ;

    -une amélioration la protection sociale

    -une politique ambitieuse de transport public accessible et gratuit.

    -un redéploiement des services publics de proximité, école, santé, poste….

    La transition écologique et climatique exige de libérer partout la parole et les mobilisations citoyennes. Face à la technocratie et aux financiers du CAC 40 favorisons le développement d’ÉTATS GÉNÉRAUX, pour construire une transition écologique et climatique nous permettant de maîtriser notre avenir et vivre ensemble un futur désirable.

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  2. personnellement, je suis plutôt « jules et jim » que « gilles et john »… est-ce à dire je me désintéresse de ce qui se passe, ou que je prends pour négligeable la pathétique démonstration qui prècède -(alain Ramos, c’est intéressant mais tu es trop long pour être convaincant)-simplement,à la double lunette de l’historien et du sociologue,je sais trop comment celà se termine; au mieux, un affaiblissement supplémentaire de notre démocratie la légende nous dit qu’un bon gars ,se désolant de la tournure des évènements, s’exclama avant d’expirer: »pardonnez-leur,car ils ne savent pas ce qu’ils font ».ça n’est pas une raison; Mona Ozouf disait récemment que l’on trouvait les mêmes vociférant au pied de l’échafaud pour louis XVI et pour…Robespierre ; le peuple « en colère », c’est la foule, irresponsable, c’est sur, mais pas que: bon enfant, la foule ? mon oeil, à condition d’être d’accord,et jamais longtemps; je reviens de longs séjours dans pas mal de pays…qui rêvent tous de la France, où il reste tant à faire, tant à améliorer; mais dans le respect des institutions-et des autres, et dans le souci de l’intérêt général.
    PS; les dernières mesures (csg etc…) se traduisent pour notre ménage par une diminution de 200€/mois;c’est aussi que nous avons une bonne retraite, et on accepte cette ponction, (à condition que ce soit de la solidarité momentannée intergénérationnelle), parce que nous avons conscience d’être la génération la plus (et sans doute la seule) chanceuse que la planète ait jamais portée; notre combat est donc, non de refaire le monde,mais comme disait CAMUS, d’éviter que le monde ne se défasse.
    Que les gilets jaunes rentrent donc à la maison,avant que leur rêve ne tourne au cauchemar: ça n’est pas 68,et ça ne peut déboucher, (malgré l’intelligente proposition de berger et de la CFDT),sur des états généraux:y a pas d’idée en vue, mais que des envies de pétrôle moins cher!

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