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Quand l’info est sortie pour la première fois, elle prêtait à sourire. Valls candidat à Barcelone ? L’ancien Premier ministre qui se voyait président de la République française candidat à une élection locale en Espagne ? Quelle blague ! Ne parle-t-on pas de politique nationale pour signifier que dans cette discipline là, l’ambition s’arrête aux frontières du pays ? Et puis quoi ? Une élection municipale ? Gouverner une ville quand on a gouverné un pays ?

Enfin, personne ne connaît Manuel Valls en Espagne ! Si, un peu quand même… Français résolument, il n’a pas oublié ses origines et, touché par la déclaration d’indépendance de la Catalogne, il s’est impliqué dans ce débat. Il a affiché un attachement autant politique qu’affectif avec la ville et sa région au sein de l’Espagne. Au final, Manuel Valls est candidat, avec des soutiens, et la possibilité d’être élu. Comme toute élection, la victoire n’est pas acquise. Mais Manuel Valls candidat à Barcelone, le symbole est fort et dessine un contour nouveau pour l’avenir de la politique.

L’identité européenne en action

À quelques mois d’élections européennes qui semblent n’intéresser personne en France, alors que l’Angleterre s’enlise dans le Brexit, la candidature de l’ancien Premier ministre concrétise l’émergence du sentiment européen. Il y a une quinzaine d’années, le film « l’auberge espagnole » avait traduit les prémices de cette identité européenne chez les étudiants. La mobilité au sein de l’Europe est une donnée à prendre en compte pour certaines carrières professionnelles. Mais quand un responsable politique décide de s’investir dans un autre pays que celui qu’il a dirigé, un pas supplémentaire est franchi. Mieux, l’un des atouts de la candidature Manuel Valls réside justement dans sa concomitance avec le scrutin européen. Il porte une ambition anti-indépendantiste et européenne.

La France a connu un exemple proche lors des européennes de 2009. Daniel Cohn-Bendit avait conduit la liste des Verts en Ile de France. Sa démarche avait été inscrite dans une logique nationale, mais dans le but de continuer à siéger au Parlement européen. Cette candidature ne signifiait pas un changement de vie total.

Gratification de l’ancrage local

L’engagement de Manuel Valls apparaît plus résolu. La portée du symbole en est plus forte. Pour prétendre diriger une ville, il faut s’y installer et prouver sa connaissance de la ville, mais aussi son amour pour elle. Candidat à Barcelone, Manuel Valls affirme de fait choisir de désormais vivre et penser à Barcelone. L’envergure de cet investissement local apparaît de nature à réparer les blessures françaises. L’action politique locale n’est pas ni vaine ni étroite au regard de l’action nationale. Parfois, elle se révèle prééminente.

Bertrand Delanoë, maire de Paris, avait refusé le ministère de la Culture en 2012. Élu député en 1981, il n’avait jamais été appelé au gouvernement. Mais ce portefeuille ne faisait pas le poids face à l’étendue de ses compétences en tant que premier magistrat de la capitale.

Plus récemment, Gérard Collomb n’a pas résisté à l’appel local au point d’annoncer plusieurs mois à l’avance son prochain départ de la Place Beauvau afin de reconquérir son fauteuil de maire à Lyon.

Face à l’interdiction du cumul des mandats, de nombreux maires ont préféré abandonner leur mandat national. Les projecteurs médiatiques réchauffent moins l’ego, mais l’action du maire valorise peut-être davantage l’estime de soi.

Du sentiment européen que les citoyens se sont approprié plus vite que les acteurs politiques, à la satisfaction de l’engagement local, la candidature de Manuel Valls traduit deux principes forts mais discrets du sens de l’action politique. L’ancien premier ministre ne l’emportera pas forcément. Là n’est pas le sujet. Le simple fait que sa candidature à Barcelone soit crédible constitue une évolution politique.

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2 commentaires sur « L’Europe et l’engagement local, deux valeurs politiques d’avenir »

  1. Cette « première » semble tellement incongrue. Imaginés les politique ancrés dans leurs convictions et un terroir , à défendre, allait de soit. Mais on a tellement accepté la professionnalisation du personnel politique, qu’ils gèrent maintenant leur carrière comme n’importe quel professionnel. Est ce vraiment l’effet Européen? Puigdemon à Bruxelles et Valls à Barcelone? Qui porte des des valeurs, et des attentes d’une population, que l’on pourraient espérer satisfaire?

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